« Les rêves nous ouvrent des portes au-delà du réel. »
« Le réel nous emporte parfois au-delà de nos rêves. »
« Dreams open doors beyond reality.
Sometimes, reality carries us beyond our dreams. »
Franck-Luc Dancelme – 26 Novembre 2011
Il y a des vies qui refusent de tenir dans un seul cadre.
La mienne en est la preuve

Des années 50 à aujourd’hui, ce blog retrace mon parcours : mon enfance, la musique, les platines, les discothèques, les studios d’enregistrement, les spectacles géants extérieurs, mes écrits — romans, poèmes, et une saga de science-fiction ésotérique construite sur près de quatre décennies.
Musicien teenager dans les années 60, DJ dans les salles enfumées dès 1967 à la fin des années 70, showman, producteur et éditeur de disques, animateur de radio, organisateur de spectacles — chaque décennie a porté son lot d’aventures, de rencontres et de créations.
Chaque chapitre de ce blog correspond à une époque, un métier, une passion. Les textes s’accompagnent d’archives personnelles — photographies, coupures de presse, affiches, enregistrements — réunies ici pour la première fois.
Je me replonge dans les souvenirs et parfois je les cherche. Notre mémoire est une gardienne. Elle garde tout. Pour faire plus de place à nos plus récents souvenirs, elle enferme les anciens dans ses recoins. Il suffit de retrouver les clés de ceux-ci pour les ouvrir et refaire surgir tous ces souvenirs que l’on croyait oubliés.
Et puis, nous avons parfois des surprises. En ce qui me concerne, c’est d’avoir retrouvé un vieux cartable en cuir, plus que centenaire, qui appartenait à mon grand-père maternel, Hubert Fombonnat. Ce cartable je l’ai depuis 1966.
A la fin des années 70, j’ai arrêté de faire les saisons en tant que D.J. (Alpe d’Huez l’hiver, Saint-Tropez l’été) et, avec avec ma compagne Dominique et notre fils Kévin, nous sommes revenus sur Paris, pour d’autres activités.
Alors j’ai commencé à acheter des agendas pour organiser mes rendez-vous.
Dans ce vieux cartable, j’ai retrouvé ceux-ci, dans lesquels est inscrit une partie de ma vie.
Ils représentent plus de quatre décennies de celle-ci.
Et puis, dès 2006, je me suis mis à utiliser des smartphones tels les Blackberry et autres HTC.
A partir de là, plus de traces papiers… juste ma mémoire.







Je me suis donc replongé dans tous ces agendas et ce fut une hallucinante et vertigineuse vision de ma vie passée.
Je ne sais si c’est ce qu’il se passe lorsque nous allons franchir la dernière porte, mais leur lecture a suscité en moi un flot discontinu d’images, de sons, de mots, de rencontres, d’expériences, de joies, de peines, bref de ce que j’ai exprimé dans le texte ci-dessous, écrit en 1991 à Saint-Barth.
« L’ART DE VIVRE

Se laisser aller est bien plus difficile qu’on ne pourrait le croire…
D’ailleurs, essayez de rester plus d’une minute sans penser à rien, l’esprit totalement vide, et vous vous apercevrez rapidement que “les autres”, là-haut, dans leur tour d’ivoire, ne vous laissent pas un instant de répit.
Eh oui! Ces petites voix émanant de ce que l’on appelle notre mental, conscient, conscience et inconscient, qu’elles soient seules ou réunies, prennent un malin plaisir à sortir les archives du passé, du présent et du futur.
Le passé simple ou compliqué, plus-que-parfait ou imparfait, le présent vindicatif ou impératif, infinitif ou définitif, le futur conditionnel ou supposé, que l’on aimerait simple et qui ne l’est jamais.
Bref! si nous tentons une percée vers la sérénité, la tendre paresse de l’instant présent, sans passé ni futur, en moins d’une minute nous sommes submergés d’images, de mots, de pensées, que nos petits futés d’archivistes nous jettent dans la tête.
Ils ouvrent tous les tiroirs, affichent nos photos souvenirs, vident les bibliothèques où sont entassées nos histoires de vie, et débobinent les films de tous nos scénarii.
Qui aurait pu imaginer qu’une si petite tête puisse contenir autant de documents, de témoignages, d’œuvres de fiction et de friction, de joie et de peine, de Vérité et de mensonges, de bien et de mal, d’ombres et de Lumière, de…, de…, de notre Vie quoi!
Tout y passe, ce qui a été et ce que l’on aurait voulu qui soit, ce qui est et ce qui ne sera jamais, ce que l’on a envie de voir et ce que l’on voudrait oublier pour toujours.
Nous accusons les autres (mais jamais nous, grands dieux!) de tous ces mots qui sont à l’origine de tous nos maux (et inversement), et nous nous réfugions dans cette facilité de dire que le temps nous accapare, qu’il nous faut continuer à travailler, à s’activer, à se démener, à courir, à stresser pour vivre et “réussir” (!!!).
À force de courses et de “réussites” (???) nous oublions tout simplement de vivre, en perdant la faculté de se désactiver et ainsi la possibilité de se ressourcer, de retrouver la créativité qui est au fond de chacun de nous.
Oui ! Nous sommes les créateurs de notre propre vie; pour laquelle on accuse immanquablement le destin lorsque tout va mal et systématiquement la chance quand tout va bien.
La Vie est un art dont nous sommes les sculpteurs, les peintres, les musiciens, les chorégraphes…
Nous seuls avons pouvoir de lui donner sa forme, sa couleur, son harmonie, sa légèreté.
Pour cela nous devons prendre le temps; le temps de s’observer et non pas observer les autres, le temps de respirer et ne pas dire qu’on ne peut pas le sentir (l’autre), le temps de voir et pas seulement regarder, et le temps d’écouter qui n’est pas juste entendre.
Il est temps d’apprendre la quiétude en se laissant tendrement bercer dans un hamac, paresseusement. Alors seulement, nous toucherons du bout des songes un art unique et merveilleux, un art à la portée de tous :
“l’Art de Vivre”.

Ce n’est pas de la nostalgie.
C’est un inventaire vivant.

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